Combattre les îlots de chaleurs : l’importance de la végétation en ville

L’élément limitant en ville est l’espace. L’utilisation intensive de l’espace par les immeubles, les rues et les stationnements entraîne la création d’îlots de chaleur. Les hautes tours forment des vallées où le vent peine à se rendre, et où la chaleur peut devenir très intense. Le béton et plusieurs matériaux fréquemment utilisés dans les constructions urbaines emmagasinent très efficacement la chaleur du soleil en raison de leur faible albédo.

L’albédo est l’indice (de 0 à 1) de réflexion des surfaces. Un miroir possède un albédo de 1 car il reflète parfaitement l’énergie lumineuse sans l’absorber, et un corps noir comme la surface d’un lac se situe à environ 0.03 car elle absorbe presque toute l’énergie lumineuse qui y parvient sans la réfléchir (1).

Le béton et les matériaux dont l’albédo est faible vont ensuite redistribuer la chaleur emmagasinée lorsque les températures extérieures sont inférieures à celle du matériau lui-même. Des surfaces claires comme on retrouve en méditerranée ont un albédo beaucoup plus élevé, ce qui leur permet de réfléchir la lumière du soleil plutôt que de l’absorber.

En plus de l’inconfort qui leur est associé, les îlots de chaleur augmentent les frais et les dépenses énergétiques liés à la climatisation, ils accélèrent la formation de composés polluant et ils augmentent les risques médicaux chez les personnes affaiblies (1).

La création d’îlots de végétation (ou d’îlots de fraîcheur) est une des solutions au problème des îlots de chaleur. Le feuillage des plantes intercepte l’énergie lumineuse sans qu’elle puisse être réfléchie ou absorbée par une surface susceptible de relâcher de la chaleur par la suite.  La prise d’eau par les plantes permet de maintenir une température clémente dans la zone végétale et la transpiration continue des plantes permet de redistribuer la vapeur d’eau dans l’air ambiant ce qui abaisse la température.

La transpiration chez les plantes est un processus physiologique qui a lieu lorsque les plantes ouvrent leurs stomates (petites cellules formant des ouvertures dans les feuilles) pour effectuer la photosynthèse. Elles prélèvent le gaz carbonique (CO2) présent dans l’air pour le transformer en énergie (glucide) à l’aide de l’énergie lumineuse, ce qui a pour effet de rejeter de l’eau (H2O)et de l’oxygène (O2) dans l’atmosphère.

Lorsque les stomates s’ouvrent pour prélever du CO2, des molécules d’eau et d’oxygène sont libérées par la même occasion. Ces molécules d’eau permettent de rafraîchir l’air ambiant. Un phénomène semblable se produit aussi sur un sol de terre. Contrairement à l’asphalte des routes, au ciment ou au béton, les molécules d’eau sont absorbées par le sol et rafraîchissent ensuite l’air en s’évaporant (1, 2).

Pour amener la végétation en ville et contrer les îlots de chaleurs, différents types d’îlots de végétation peuvent être créés. Parmi ceux-ci, on retrouve :

– les toits végétaux (toits verts)

Graham Hill green roof
Toit vert. Crédit photo @Graham Hill

– les jardins de balcon et les jardins privés (incluent les potagers urbains)

Graham Hill jardins de balcon
jardins de balcons. Crédit photo @Graham Hill

– les espaces verts comme les parcs urbains

John Central Park
Central Park. Crédit photo @John

– les jardins communautaires

Jean-Louis Zimmerman Jardin communautaire
Jardin communautaire en ville. Crédit photo @Jean-Louis Zimmerman

En plus de contrer les îlots de chaleurs, les îlots de végétation embellissent le paysage urbain et peuvent être aménagés pour être comestibles.

 

Références

(1) Peck, S., Kuhn, M. Lignes directrices de conception de toits verts. Conseil de l’enveloppe du bâtiment du Québec.

http://www.cebq.org/documents/Lignesdirectricesdeconceptiondetoitsverts.pdf

(2) Gaudry, E. et al. 2015 Les toits végétalisés. Société québécoise de phytotechnologies, 19 pp.

http://www.phytotechno.com/fiches-techniques/fiches/20160528_SQP_Fiche_toitsvegetalises.pdf

Suggestions lectures :

Toits verts : Construction et maintenance (Hors collection) (French Edition)
Révolution de l’agriculture urbaine (La)
AGRICULTURE URBAINE (L’)

Site web des urbainculteurs : http://urbainculteurs.org/

Site web du collectif Craque-bitume : http://www.craquebitume.org/

Sites web d’agriculture urbaine de Montréal http://agriculturemontreal.com/ et Québec  http://www.agricultureurbaine.net/

Crédits photo à la une : Damiàn Bakarcic

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s